Blog


Le Bio – La Biodynamie dans le Vin

Formation en sommellerie image représentant un labour au cheval

Labour au cheval

Le Bio

 

Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale, dans les années 60, alors que l’agriculture intensive connait un grand succès, que l’agriculture biologique apparait en France. Mais ce n’est qu’au tout début des années 1980 que les premiers décrets et lois sont pris en France pour la création de cahiers des charges. La Communauté Européenne reconnaît officiellement l’agriculture biologique en 1991.

Le vin bio existe officiellement depuis 2012, avec la reconnaissance du vin bio par l’Europe. Auparavant il existait des vins élaborés à partir de raisins « issus de l’agriculture biologique ». C’est-à-dire qu’aujourd’hui, le cahier des charges ne réglemente pas seulement le raisin, mais aussi la vinification. Cependant, concernant ce dernier point, le cahier des charges est bien peu contraignant pour le vigneron bio et ouvre la voie à l’essor du bio industriel, vin issu de raisins bio mais dont le gout pourra être standardisé grâce aux pratiques de vinification permissives !

Nature - L'accord diVIN

Vigne Bio

Le nombre de viticulteurs engagés en agriculture biologique ne cesse de progresser : il a augmenté de plus de 16% en 2007, ce qui représente 1907 viticulteurs ou encore 2,6% du vignoble français.
L’agriculture biologique est soumise à un cahier des charges interdisant entre autres l’utilisation d’engrais ou de produits phytosanitaires de synthèse, ainsi que de produits chimiques (pesticides, insecticides, fongicides, engrais, etc.). Le vigneron qui élabore un « vin bio » essaie de renforcer au maximum les défenses de la vigne pour limiter les traitements. Toutefois, contre les maladies les plus fréquentes (mildiou, oïdium), les traitements au soufre et à la bouillie bordelaise (à base de cuivre) sont le plus souvent utilisés. Cette conduite de la vigne demande du temps : c’est pourquoi élaborer un vin bio demande 20% à 30% de main d’œuvre supplémentaire par rapport à une agriculture conventionnelle. Trois ans minimums sont nécessaires pour se faire certifier en bio. Pendant ces 3 années, le vignoble est en conversion bio : il se doit de respecter la réglementation sur les produits bio, est suivi par l’organisme de certification qui s’assure du respect de cette règlementation mais n’est pas considéré comme « vin bio ».

Doses maximum de soufre :

Rouges secs: 100 mg/L (150mg pour conventionnelle).
Blancs secs et rosés : 150 mg/L (200mg pour conventionnelle).
Rouges doux: 170 mg/L (200mg pour conventionnelle).
Blancs doux: 220 mg/L (250mg pour conventionnelle).
VDN: 170 mg/L (200mg pour conventionnelle).

Doses réduite de 50mg/L pour les vins secs.
Doses réduites de 30 g/L pour les vins doux.

La biodynamie

Rudolf Steiner-Le père de la Biodynamie

Rudolf Steiner-Le père de la Biodynamie

Les fondements de la biodynamie ont été établis par Rudolf Steiner en 1924. Cet Autrichien a donné une série de conférences à la demande d’agriculteurs qui s’inquiétaient de la baisse de la qualité de leurs produits. Lors de ces conférences, il leur explique que ce ne sont pas les plantes qui sont malades mais les sols, pollués par tous les engrais chimiques. C’est donc l’environnement de la plante qui est malade et qu’il va falloir soigner. Pour se faire, il faut nourrir le sol, le dynamiser, avec des produits naturels. La biodynamie c’est donc agir sur la nature avec la nature. Les producteurs se servent ainsi de préparations biodynamiques qui font office d’engrais naturels et travaillent aussi avec d’autres éléments de la nature comme la Lune.

La biodynamie est présente sur tous les continents mais le pays où elle est la plus présente dans le monde est l’Australie. On trouve ensuite des pays comme la Suisse, l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore la Suède .

Logo Demeter

Logo Demeter

La biodynamie possède son propre label : Demeter crée en 1997. Demeter internationnal dénombre, dans 43 pays, 4 200 producteurs certifiés pour 100 000 ha cultivés. Cependant, le nombre de biodynamistes est difficile à établir puisque plusieurs d’entre eux travaillent en biodynamie mais n’ont pas le label. L’exemple le plus connu est le domaine de la Romanée Conti qui produit ce qui est considéré comme être le meilleur vin du monde. Un autre label a vu le jour plus récemment : il s’agit de Biodyvin. La principale différence avec Demeter est que celui-ci est spécialisé dans la vigne et donc le vin alors que le label Demeter est aussi utilisé pour le thé, des crèmes, des huiles essentielles,… Il faut aussi noter que ce label n’est pas internationnal mais exclusivement français. Avant de se convertir en agriculture biodynamique il faut déjà être certifié en agriculture biologique.

Le rôle des astres

Phases de la lune

Phases de la lune

Les astres jouent un rôle très important dans l’agriculture biodynamique. Mais l’un d’eux semble plus important que les autres : il s’agit de la Lune. En effet, si la Lune a des effets sur les océans avec les marées il est encore plus facile pour elle d’avoir une influence sur la sève des plantes. Ainsi, suivant la position de la lune par rapport à telle ou telle constellation elle aura des influences sur la plante. Les bio-dynamistes se basent donc sur ce calendrier pour agir sur leur plantes.

Le mois lunaire, qui dure 29 jours et quelques heures, se décompose en deux parties:

Entre la Nouvelle Lune (NL) et la Pleine Lune (PL), le disque lunaire grandit de jour en jour : c’est la lune croissante. On profitera de celle-ci pour :
– Travailler la terre
– Pour les plantes à fruits ou graines : faire des repiquages, semis ou plantations
– Pratiquer les greffes ou les tailles

Après la pleine lune, lorsque le disque diminue jusqu’à la Nouvelle Lune, c’est la lune décroissante. On profitera de celle-ci pour :
– Pour les plantes sans graines : faire les semis ou les récoltes
– Récolter les denrées
– Tailler les arbres et arbustes dont on désire diminuer la vigueur

Les préparations biodynamique

Le dynamiseur

Le dynamiseur

Ils existent deux préparations biodynamiques qui sont des composts et six autres préparations qui sont destinées à être ajoutées à ces composts. Pour des questions pratiques, ces préparations sont aussi dénommées par des numéros.

Preparation 500 (bouse de corne)

Préparation 500 (bouse de corne)

– La bouse de corne ou 500. Elle est confectionnée à base de bouse de vache qui est introduite dans une corne puis enterrée durant la période hivernale. La bouse subit un processus de fermentation et se transforme en humus naturel. Au printemps, le compost est prêt, on le déterre puis il sera destiné à être pulvérisé sur les plantes. Cette préparation occupe une place primordiale dans l’agriculture bio-dynamiste car elle s’adresse au sol et aux racines des plantes. Ainsi elle serait un puissant édificateur de la structure du sol en favorisant l’activité microbienne et la formation de l’humus, améliorant ainsi l’absorption racinaire et la rétention d’eau dans le sol.

preparation-501-La silice de corne

preparation-501-La silice de corne

– La silice de corne ou 501. Elle est élaborée à partir de quartz (silice cristallisée) très finement réduit en poudre et passée en terre, durant la période estivale, dans une corne de vache. On l’utilise en pulvérisation sur les plantes durant la période végétative : cette préparation complémentaire de la 500 ne s’adresse pas au sol mais à la partie aérienne des plantes. En effet, celle-ci agirait sur la vigueur des plantes et aurait donc des influences sur le rendement des vignes par exemple.

Avant d’être pulvérisés sur les plantes, on peut ajouter six autres préparations aux composts, dénommées en pratique par un numéro allant de 502 à 508. Elles sont élaborées à partir de diverses plantes et joueraient chacune un rôle spécifique. Ces préparations sont pour la plupart obtenues en mettant ces plantes dans des organes animaux : vessie, intestin et crâne d’animal domestique. Comme pour les composts les plantes vont subir un processus de fermentation pour donner des préparations. Voici la liste de ces plantes et leur action sur les vignes :- L’achillée millefeuille (502) : rôle particulier dans la mobilité du soufre et de la potasse
– La camomille sauvage (503) : liée au métabolisme du calcium et régularise les processus de l’azote
– La grande ortie (504) : renforce l’influence des deux premières, le purin d’ortie est aussi beaucoup utilisé pour la croissance des jeunes vignes
– L’écorce de chêne pédonculé (505) : régulariserait les maladies des plantes dues à des phénomènes de prolifération
– Le pissenlit (506) : rôle au niveau de l’acide silicique
-La valériane officinale (507) : rôle dans la mobilité du phosphore dans les sols
– La prêle des champs (508) qui sert à traiter le mildiou et l’oïdium, deux maladies cryptogamiques très courantes dans les vignobles. C’est la seule préparation qui est directement pulvérisée toute seule sur les plantes.

Pulvérisation à cheval

Pulvérisation à cheval

Ainsi, ces deux composts assortis de préparations vont être pulvérisés sur la plante mais à faible dose car ils sont très puissants car très concentrés. Les doses utilisées pour les pulvérisations sont donc très faibles car cela pourrait avoir un effet néfaste sur la plante.

De plus, la biodynamie réglemente également la vinification, imposant notamment un taux de soufre bien moins élevé qu’un vin conventionnel ou bio, ou encore l’utilisation de levures chimiques (LSA) y est totalement interdites.
Les vignerons qui pratiquent ce mode de production respectent l’environnement et créent souvent des vins qui sont représentatifs du terroir. La biodynamie a, en quelque sorte fait ses preuves car de nombreux domaines réputés pour leurs grands vins comme la Romané Conti ou encore la Coulée de Serrant pratiquent cette viticulture.

 

L’accord diVIN – Formation sommellerie œnologie et consulting en vin.  Site Web ICI

Reportage sur le vin



Commentaires ( 2 )

Laissez un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *